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La
spécificité et la valeur des
arts divinatoires traditionnels Les arts divinatoires traditionnels, comme le Tarot de Marseille, l'astrologie occidentale ou orientale ou encore le Yi King, ont avant tout un caractère ésotérique. Leur objet premier est la connaissance de soi et non l'utilisation prédictive. Ils se situent dans une lignée initiatique et symbolique et visent à favoriser l'évolution spirituelle de l'adepte. Leur dimension divinatoire est en fait très secondaire. C'est d'ailleurs une attitude typiquement contemporaine et occidentale que de les réduire à leur seul aspect pratique. Dans la définition originelle, l'art divinatoire est un support à l'introspection. Il invite la personne à chercher en elle la lumière. Aussi vieux que l'humanité pour certains, les arts divinatoires appartenaient au départ aux sages et hommes de science (ce fut notamment le cas de l'astrologie durant plusieurs siècles). Les consultants n'étaient autres que les souverains, les nobles, les nantis. Leur utilisation s'est progressivement démocratisée, en s'élargissant au grand public. Cette popularisation a entraîné une vulgarisation, qui s'est fait au détriment de la qualité. Ceci est particulièrement vrai dans nos sociétés qui privilégie l'efficacité et la rentabilité. Le désir du consultant est d'obtenir rapidement et facilement des réponses aux questions qu'il se pose, de soulager de la manière la plus économique qui soit ses angoisses et incertitudes. Selon la tradition, les arts divinatoires ne répondent à aucun fatalisme. Il ne s'agit donc pas, à travers eux, de découvrir un quelconque destin, mais bien plus de mettre en lumière les constructions conscientes et inconscientes de chacun. Selon leur philosophie, l'Homme est l'artisan de sa vie. Leur but est de (re)donner à chacun la possibilité d'être maître de son existence. Les consultants ont, en général, le sentiment de subir les événements, d'être les malheureuses victimes d'un sort injuste, les pions impuissants d'un destin implacable. Ce sentiment est lié à la non-reconnaissance de leur propre pouvoir et à l'ignorance de la loi de causalité. De telles personnes iront chercher dans le Tarot, l'astrologie ou la voyance, leur vie, comme si leur existence était déjà déterminée, toute tracée, inscrite de manière indélébile. Une demande que, dans l'absolu, les praticiens sont impuissants à satisfaire. L'objet d'une consultation ne peut être d'apporter des réponses faciles aux questions difficiles. Dans sa quête de confort mental, l'individu préfère souvent les fausses certitudes aux vraies incertitudes. Or, la mission des arts divinatoires n'est pas de maintenir la personne dans la soumission, l'incompréhension et l'ignorance, mais de la faire accéder à la maîtrise et à la connaissance. Selon leur enseignement, découvrir l'avenir, ce n'est pas faire acte de magie, c'est uniquement faire apparaître les fruits d'un travail souterrain. L'avenir découle du présent, de la même manière que le présent découle du passé. Dans cette mesure, chacun connaît son avenir, dans la mesure où il le porte en lui. Même s'il est ignoré, l'avenir est en germe dans chacun. Pour le praticien, la découverte de l'autre (son passé, son présent et son avenir) n'est ni magique, ni irrationnelle, mais repose sur l'extraction et l'émergence d'une connaissance virtuelle et inconsciente. Aussi, dans une pratique positive, il convient de donner à la personne le sentiment que son avenir est entre ses mains, qu'elle a réellement un pouvoir sur sa vie et qu'elle ne doit pas se soumettre mais, selon le cas, comprendre, agir ou réagir. Historique
et structure générale du Tarot de Marseille
Le Tarot de Marseille est le Tarot de référence. Son histoire reste floue et personne ne sait avec certitude d’où il vient, ni qui est son créateur. Probablement élaboré au Moyen Age, il contient un enseignement ésotérique indéniable et son anonymat contribue à le situer dans la mouvance des traditions philosophiques universelles. Il est considéré comme étant le père de tous les autres tarots (de ceux qui s’en sont directement inspirés comme des autres). Il est de loin le plus riche tant d’un point de vue symbolique que pratique. Le Tarot de Marseille est composé de soixante-dix-huit cartes, appelées conventionnellement « lames » (à l'origine, le jeu était édité sur des lames en bois ou en métal) ou « arcanes » (qui vient du latin arcana : mystère). Cet ensemble de soixante-dix-huit lames se divise en deux grands groupes, repérables facilement : - 1er groupe : les 22 lames dites majeures ; - 2ème groupe : les 56 lames dites mineures. Il est aisé, sans connaissance préalable, de distinguer les arcanes majeurs des arcanes mineurs. Les premiers ont une identité propre, c'est-à-dire qu'ils constituent chacun un tableau, représentant une scène particulière, qui les individualise. De plus, à l'exception de deux lames (l'arcane XIII et le Mat), ils sont tous porteurs d'un nombre (dans la partie supérieure de la carte) et d'un nom (dans la partie inférieure).
Les 56 lames mineures sont divisées en quatre énergies (Deniers, Bâtons, Coupes, Epées), comportant chacune 14 lames. Copyright (c) 2000. Toute
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